Née en 1908 dans un milieu catholique bourgeois, Simone de Beauvoir reçoit une éducation morale et religieuse
traditionnelle, mais rejette bientôt ces enseignements et se déclare athée dès l'adolescence.Olympe de Gouges est connue pour ses pièces de théâtre, ses pamphlets, et surtout son engagement durant la Révolution, notamment avec sa Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne.
De son vrai nom Marie Gouze, née en 1748 à Montauban, elle est la fille illégitime de Jean-Jacques Lefranc de Pompignan, président de la Cour des Aides, conservateur et grand ennemi de Voltaire. Elle apprend à lire et écrire le français – l’Occitan est sa langue natale – à l’école des Ursulines de Montauban ; ce manque d’instruction la fit souffrir toute sa vie.
Elle se marie à seize ans, a un fils, mais son époux meurt l’année suivante et c’est pour elle la fin d’une période. Marie Gouze devient Olympe de Gouges, s’installe à Paris et exerce le métier de « femme galante ». On la dit belle, vive et intelligente : elle est « l’explosion, l’exubérance et la provocation en personne ». (E. Lairtullier, Les femmes célèbres de 1789 à 1795).
Une dizaine d’années se passe à chasser les plaisirs au milieu de l’aristocratie et des grands esprits de l’époque. A les fréquenter, Olympe de Gouges s’éprend de théâtre et de politique, et l’âge aidant, elle abandonne les plaisirs et les amours éphémères pour se vouer à l’écriture.
La conversion est difficile et majoritairement incomprise.
Elle écrit de nombreuses pièces de théâtre qui sont tour à tour refusées ou éreintées. Mais ce n’est pas sa prose qui est la cible des quolibets… c’est son statut de femme !
La pièce politique qui la rendit célèbre, par un énorme scandale, est L’esclavage des noirs, publiée en 1792. L’égalité des races est un combat qu’elle mena très tôt (Réflexions sur les hommes nègres en 1788) en rejoignant notamment la Société des amis des Noirs, aux côtés de l’Abbé Grégoire.
Cette expérience au théâtre lui a apprit la difficulté d’exister intellectuellement en tant que femme, et lorsque la Révolution éclate, elle se lance à corps perdu dans le combat pour l’égalité : elle écrit des chroniques, des pamphlets, des pancartes, des objections, tente même de créer son journal, sans oublier sa Déclaration.
Politiquement très modérée, elle prône un pacte entre la monarchie et la démocratie ; ce qui lui valut les foudres de Robespierre et sa décapitation, en 1793.
Si elle fut très active et audacieuse pendant la Révolution, Olympe de Gouges s’est toujours opposé à toute forme de guerre et n’a jamais pris les armes. Trop en
avance pour son temps, elle est restée seule, rejetée par les femmes elles-mêmes. Mais elle est celle qui a osé, envers et contre toutes et tous, a osé écrire la Déclaration des Droits de la Femme.
A lire :
- Sophie MOUSSET. Olympe de Gouges et les droits de la femme. Paris, Pocket, 2006.
- Olivier BLANC. Marie-Olympe de Gouges. Une humaniste à la fin du XVIIIe siècle. Paris, Viénet, 2003.
- Paul NOACK. Olympe de Gouges, Courtisane et militante des Droits de la Femme. Paris, de Fallois, 1993.
Jusque là, les femmes n’avaient pas le droit de passer le baccalauréat et n’avaient donc pas accès aux études universitaires. Ce n’est qu’en 1919 qu’a été crée un bac « féminin » (différent du « masculin »). Il faudra encore attendre 1924 pour que ces deux épreuves soient unifiées.
Voir le portrait de Julie-Victoire Daubié