Julie-Victoire Daubié est la première française à avoir été admise bachelière.

Née dans une famille de la petite bourgeoisie vosgienne, elle reçoit une éducation religieuse assez primaire et c’est son frère, abbé, qui lui enseigne le latin et le grec. Elle obtient en 1844 son certificat de capacité qui lui permet d’enseigner, et devient institutrice.

Elle demande alors à se présenter à l’épreuve du baccalauréat, jusque là réservé aux hommes. Le refus est catégorique. Elle s’obstine et réitère plusieurs fois sa candidature, notamment à la Sorbonne. Pour motiver son action, elle argue qu’aucune loi n’interdit aux femmes de se présenter.

Mais ce n’est qu’à l’âge de 37 ans qu’elle est enfin autorisée à passer l’examen du baccalauréat es-Lettres, qu’elle passe avec succès le 17 août 1861 à Lyon. Il lui faudra encore attendre une année pour obtenir son diplôme ! Le ministre de l’Instruction publique de l’époque, Gustave Rouland y était farouchement opposé, et c’est l’Impératrice Eugénie qui du intervenir pour que le ministre consente à le signer.

Très concernée par les inégalités sociales et les injustices de toutes sortes, elle choisit de devenir journaliste, se rapproche de Marie d’Agoult, et se bat pour le droit de vote et les conditions de travail des femmes. Elle est également l’auteur de La femme pauvre au XIXe siècle, une des premières études de la condition sociale de la femme, écrite par une femme.

Elle reste évidemment dans les mémoires pour avoir été la première bachelière de France, mais son engagement et ses combats ont été précieux.



A consulter :

- Gilles Laporte, Julie Victoire : Première bachelière de France. Editions Eska, 2007.
- La femme pauvre au XIXe siècle.
Paru en 1866 et 1869. Réédité en 1993 par Indigo et Côté Femmes.

 


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© Sipa Elisabeth Badinter est née Bleustein-Blanchet en 1944 à Boulogne-Billancourt.
Philosophe, féministe, spécialiste du XVIIIe siècle et en particulier de la philosophie des Lumières, elle est également une femme engagée à gauche qui s’exprime régulièrement sur la place des femmes dans la société (intervention lors de l'annulation du mariage par le tribunal de Lille en mai 2008) et le concept de laïcité (lors du procès de Charlie Hebdo).

Son féminisme est basé sur l’égalité et la complémentarité des sexes : « L’égalité dans la différence, c’est-à-dire la symétrie, n’est pas seulement un slogan féministe. C’est peut-être même pour avoir fait fi de cette symétrie que la chute du patriarcat, dans les sociétés démocratiques, entraîne avec elle celle du modèle complémentaire » (L’un est l’autre, p. 13). C’est en abandonnant la lutte du pouvoir et le désir de domination que l’on peut espérer instaurer un nouvel équilibre.

Cette position l’oppose à nombre de mouvements féministes qu’elle juge trop radicaux.

Elle a été abondamment attaquée lorsqu’elle s’est élevée contre la loi sur la parité et la politique des quotas, ou lors de la parution de son ouvrage Fausse route, dans lequel elle rejette notamment la victimisation des femmes (féminisme à l’américaine), qui ne peut qu’entraîner la discrimination et l’inégalité.

Pour Elisabeth Badinter, il faut revenir aux fondamentaux « liberté » et « égalité » si l’on veut vivre en harmonie et non plus les uns contre les autres :

« Notre finalité est une meilleure entente entre hommes et femmes. Pour continuer à avancer, il faut admettre que nous avons beaucoup en commun et que l’on peut tout partager ».


• Lire l'entretien avec Maud Dugrand, paru lors de la sortie de Fausse route, dans l'Humanité du 20 juin 2003.

 


Sa bibliographie

 

- Les Remontrances de Malesherbes (1771-1775). Union Générale d’édition, 1978.
- L'Amour en plus : histoire de l'amour maternel (XVIIe au XXe siècle), Flammarion, 1980.
- Émilie, Émilie, L'ambition féminine au XVIIIe siècle. Flammarion, 1983.
- L'Un est l'autre : des relations entre hommes et femmes. Odile Jacob, 1986.
- Condorcet. Un intellectuel en politique. D’Elisabeth et Rober Badinter. Fayard, 1988.
- Correspondance inédite de Condorcet et Madame Suard (1771-1791). Fayard, 1988.
- Condorcet, Prudhomme, Guyomar : Paroles d'hommes (1790-1793), présentées par Élisabeth Badinter. POL, 1989.
- XY, de l'identité masculine. Odile Jacob, 1992.
- Les Passions intellectuelles, tome 1 : Désirs de gloire (1735-1751). Fayard, 1999.
- Les Passions intellectuelles, tome 2 : L'exigence de dignité (1751-1762). Fayard, 2002.
- Simone de Beauvoir, Marguerite Yourcenar, Nathalie Sarraute. Conférence d'Élizabeth Badinter, Jacques Lassalle et Lucette Finas. BnF, 2002.
- Fausse route. Odile Jacob, 2003.
- Les Passions intellectuelles, tome 3 : Volonté de pouvoir (1762-1778). Fayard, 2007.
- L’infant de Parme. Fayard, 2008.
- Je meurs d'amour pour toi, Isabelle de Bourbon-Parme, Lettres à L'archiduchesse Marie-Christine. Tallandier, 2008.




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Du 2 au 8 mars, offrez une rose Marie-Claire.

Aujourd'hui encore, seulement un tiers des enfants scolarisés sont des filles.

Pourtant toutes les études s'accordent sur ce point, l'éducation des filles fait avancer le monde ! Elle permet de réduire la mortalité, la malnutrition, la propagation des maladies et c'est aussi un formidable levier de croissance économique pour toutes les nations du monde.

Depuis 2006, la Rose Marie Claire est vendue partout en France au bénéfice d'associations qui scolarisent des milliers de petites filles défavorisées dans le monde. L'événement a lieu chaque année, pendant une semaine, à l'occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes.


http://la-rose.fr

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Je veux m'adresser ici à toutes les femmes ; à celles qui, comme moi, ne veulent pas oublier l'histoire du combat des femmes, et à celles, plus jeunes, qui ne savent pas forcément que leur liberté a été récemment et chèrement acquise.
C'est un petit blog de rappel pour ne pas oublier que pour nous, les femmes, la vie ne fut pas toujours rose ; un rappel des faits et surtout un hommage à celles qui se sont battues et se battent encore pour notre liberté.

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