© Sipa Elisabeth Badinter est née Bleustein-Blanchet en 1944 à Boulogne-Billancourt.
Philosophe, féministe, spécialiste du XVIIIe siècle et en particulier de la philosophie des Lumières, elle est également une femme engagée à gauche qui s’exprime régulièrement sur la place des femmes dans la société (intervention lors de l'annulation du mariage par le tribunal de Lille en mai 2008) et le concept de laïcité (lors du procès de Charlie Hebdo).

Son féminisme est basé sur l’égalité et la complémentarité des sexes : « L’égalité dans la différence, c’est-à-dire la symétrie, n’est pas seulement un slogan féministe. C’est peut-être même pour avoir fait fi de cette symétrie que la chute du patriarcat, dans les sociétés démocratiques, entraîne avec elle celle du modèle complémentaire » (L’un est l’autre, p. 13). C’est en abandonnant la lutte du pouvoir et le désir de domination que l’on peut espérer instaurer un nouvel équilibre.

Cette position l’oppose à nombre de mouvements féministes qu’elle juge trop radicaux.

Elle a été abondamment attaquée lorsqu’elle s’est élevée contre la loi sur la parité et la politique des quotas, ou lors de la parution de son ouvrage Fausse route, dans lequel elle rejette notamment la victimisation des femmes (féminisme à l’américaine), qui ne peut qu’entraîner la discrimination et l’inégalité.

Pour Elisabeth Badinter, il faut revenir aux fondamentaux « liberté » et « égalité » si l’on veut vivre en harmonie et non plus les uns contre les autres :

« Notre finalité est une meilleure entente entre hommes et femmes. Pour continuer à avancer, il faut admettre que nous avons beaucoup en commun et que l’on peut tout partager ».


• Lire l'entretien avec Maud Dugrand, paru lors de la sortie de Fausse route, dans l'Humanité du 20 juin 2003.

 


Sa bibliographie

 

- Les Remontrances de Malesherbes (1771-1775). Union Générale d’édition, 1978.
- L'Amour en plus : histoire de l'amour maternel (XVIIe au XXe siècle), Flammarion, 1980.
- Émilie, Émilie, L'ambition féminine au XVIIIe siècle. Flammarion, 1983.
- L'Un est l'autre : des relations entre hommes et femmes. Odile Jacob, 1986.
- Condorcet. Un intellectuel en politique. D’Elisabeth et Rober Badinter. Fayard, 1988.
- Correspondance inédite de Condorcet et Madame Suard (1771-1791). Fayard, 1988.
- Condorcet, Prudhomme, Guyomar : Paroles d'hommes (1790-1793), présentées par Élisabeth Badinter. POL, 1989.
- XY, de l'identité masculine. Odile Jacob, 1992.
- Les Passions intellectuelles, tome 1 : Désirs de gloire (1735-1751). Fayard, 1999.
- Les Passions intellectuelles, tome 2 : L'exigence de dignité (1751-1762). Fayard, 2002.
- Simone de Beauvoir, Marguerite Yourcenar, Nathalie Sarraute. Conférence d'Élizabeth Badinter, Jacques Lassalle et Lucette Finas. BnF, 2002.
- Fausse route. Odile Jacob, 2003.
- Les Passions intellectuelles, tome 3 : Volonté de pouvoir (1762-1778). Fayard, 2007.
- L’infant de Parme. Fayard, 2008.
- Je meurs d'amour pour toi, Isabelle de Bourbon-Parme, Lettres à L'archiduchesse Marie-Christine. Tallandier, 2008.




Publié dans : Portraits - Communauté : FEMMES D'EXCEPTION
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Commentaires

Le problème avec cette idéologie est qu'elle laisse penser que beaucoup de femmes se prostituent par choix et que tout n'est qu'une question de condition de travail. C'est une idéologie libérale qui ne tient pas compte de la réalité, où la majorité des femmes subissent la prostitution, victimes d'un trafic d'être humain, et de viols quotidiens. Je n'accuse pas Mme Badinter de ne pas réfechir correctement, je lui reproche de ne pas tenir compte de la réalité.
Commentaire n°1 posté par Stedransky le 24/05/2009 à 09h21
Bonjour..
Votre blog est vraiment très intéressant..
J'ai eu l'occasion par le biais de mon parcours militant de me rendre compte que les nouvelles générations de filles ne connaissaient que très peu l'histoire des droits des femmes, je trouve cela fortement dommage.
J'ai appris qu'en ce sens, jamais rien n'est acquis !
J'ai eu l'occasion de rencontrer Elisabeth Badinter..pour tout vous dire, je suis une des fondatrices du mouvement Ni Putes Ni SOumises..
Mme Badinter s'est ralliée à notre mouvement dès sa création, j'ai bcp apprécié ses interventions à nos cotés !
Je voulais laisser trace de mon passage sur votre blog,je ne manquerai pas d'y repasser !
Christelle
Commentaire n°2 posté par chouchou le 24/05/2009 à 06h16
Merci beaucoup Christelle pour ces encouragements ! Le blog vient de naître, j'ai encore plein d'histoires à raconter et de femmes à admirer...
Je suis ravie que l'idée vous plaise... Pourvu donc, que le blog soit à la hauteur !
Réponse de Sandrine le 24/05/2009 à 19h38
Bonjour..
Votre blog est vraiment très intéressant..
J'ai eu l'occasion par le biais de mon parcours militant de me rendre compte que les nouvelles générations de filles ne connaissaient que très peu l'histoire des droits des femmes, je trouve cela fortement dommage.
J'ai appris qu'en ce sens, jamais rien n'est acquis !
J'ai eu l'occasion de rencontrer Elisabeth Badinter..pour tout vous dire, je suis une des fondatrices du mouvement Ni Putes Ni SOumises..
Mme Badinter s'est ralliée à notre mouvement dès sa création, j'ai bcp apprécié ses interventions à nos cotés !
Je voulais laisser trace de mon passage sur votre blog,je ne manquerai pas d'y repasser !
Christelle
Commentaire n°3 posté par chouchou le 24/05/2009 à 06h14
Poser une différence entre deux sortes de prostitution me semble un mauvais centrage de la question. Pour moi la question se pose de savoir si la société approuve que le désir masculien soit d'une autre nature que le désir masculin. c'est un enjeu majeur de la prostitution.
La campagne européenne du Lobby des femmes pose le problème de façon très concrète :
http://www.womenlobby.org/site/video_fr.asp
Commentaire n°4 posté par Stedransky le 11/04/2009 à 20h53
Il est vrai que le sujet de la prostitution divise, et cela même au sein des féministes.
Réponse de Sandrine le 11/04/2009 à 22h14
C'est bien la différence prétendue entre deux prostitutions qui me semble contestable.
Une campagne européenne en ce sens sur http://www.womenlobby.org/site/video_fr.asp
Je pense que accepter dans une société une différence de nature entre le désir masculin et féminin c'est ouvrir la porte aux violences en générale contre les femmes. Or, la prostitution est aussi cela.
Commentaire n°5 posté par Stedransky le 11/04/2009 à 20h49
Ce qui me gêne le plus dans ses prises de position, c'est celle en faveur de la légalisation de la prostitution.
Elle fait partie des féministes influentes, c'est sûr, mais l'idéologie l'emporte parfois que l'analyse de la réalité sociale.
Tout le contraire d'une George Sand.
Commentaire n°6 posté par Stedransky le 11/04/2009 à 17h24
Ne peut-on être féministe et idéologue ? :)
Concernant la prostitution, son raisonnement est simple : elle s'appuie sur la libre disposition de son corps : "Si une femme préfère gagner en deux nuits ce qu'elle ne gagnerait pas en un mois à l'usine, qui peut décider à sa place de l'utilisation de son corps ?".
Sur ce point, je suis absolument d'accord avec elle. Et je ne suis pas la seule, de nombreuses femmes se sont ralliées à Elisabeth Badinter, notamment Claude Boucher, la directrice du Bus des Femmes. Elles réclament seulement, et à juste titre, la liberté de choisir ce que l'on veut fait de notre corps.
Est-il nécessaire de préciser qu'évidemment, Elisabeth Badinter dénonce la prostitution subie.
Réponse de Sandrine le 11/04/2009 à 19h15
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